Appel: Journalisme et dispositifs mobiles

Nouvel appel à communication de la revue Sur le journalisme – About journalisme – Sobre jornalismo

Revue Sur le journalisme – Appel à communication – Journalisme et dispositifs mobiles

About Journalism Review – Call for papers – Journalism and mobile devices

Sobre jornalismo Revista – Chamada de trabalhos – Jornalismo e dispositivos moveis

Sobre periodismo Revista – Concurso de publicacion – Periodismo y dispositivos moviles


Date de publication de l’appel : février 2013– Date de clôture de l’appel : 1er août 2013

Coordinateurs : João Canavilhas –  Lia Seixas

L’appel peut être téléchargé ci-dessus, en langues française, anglaise, espagnole et portugaise

 

Ancré dans un processus complexe de convergence, l’écosystème médiatique est en évolution permanente. Les quatre formes de convergence proposées par Jenkins (2006) (les convergences de contenus, des technolologies, des modèles organisationnels et de l’activité professionnelle), semblent caractériser le système médiatique qui s’engage à produire des contenus multisupports, à instiller des collaborations entre médias et à prendre en compte les comportements volatiles des audiences. Dans ce contexte, l’un des enjeux actuels porte les médias à s’intéresser aux supports mobiles comme les smartphones, les tablettes et les minitablettes. Ce dossier de la revue s’intéresse à cette thématique du journalisme et des applications mobiles et souhaite aborder les contenus journalistiques qui sont produits avec ces outils, les contraintes sur les pratiques professionnelles, les nouveaux débouchés en matière de temporalité ou de production multimédia, les usages de ces produits par les consommateurs, ainsi que les modèles d’affaires.

La croissance du taux de pénétration des réseaux à large bande (3G, 4G) et l’augmentation des ventes des terminaux mobiles ont ouvert un canal alternatif de distribution des nouvelles. Aguado (2009) estime que l’arrivée de ce quatrième écran (après le cinéma, la télévision et l’ordinateur) constitue une opportunité commerciale pour les entreprises de communication, qui trouvent, par ces dispositifs, une nouvelle voie de distribution des nouvelles, une forme de ‘push’ (Fidalgo, 2009) par lequel ce sont les nouvelles qui cherchent les consommateurs et non l’inverse.

En ce sens, les dispositifs mobiles apparaissent comme des plateformes à fort potentiel non seulement parce qu’ils peuvent recevoir de l’information multimédia, mais aussi de par leurs caractéristiques propres (portabilité et ubiquité) distribuer, de façon globale, une information personnalisée en fonction des variables les plus diverses comme l’heure d’envoi, le lieu où se trouve le consommateur, ses préférences thématiques, etc. Cette dimension commerciale du nouveau support semble segmenter efficacement le marché et cibler un public-cible d’utilisateurs déjà habitués à payer pour accéder aux contenus (sonneries, musiques, alertes, applications) (Ahonen, 2009). Ce faisant les entreprises semblent se trouver face à des conditions d’émergence d’un nouveau marché.

Malgré cela, les conditions techniques ne sont actuellement pas réunies pour que ce marché soit une réalité. Selon Nielsen (2010), les micropaiements (52%) et les systèmes de paiement simples et sécurisés (43%) sont déterminants pour amener les consommateurs à payer pour l’accès aux contenus, à condition que les produits soient de meilleure qualité  (71%), explorent les capacités technologiques comme le multimédia, l’hypertextualité, l’interactivité, la personnalisation, l’ubicuité, la mémoire et l’instantanéité.

Les supports mobiles, comme tout dispositif, font partie d’un système dispositif-support-procédure (Debray, 1991), dans lequel objet technique et dimension culturelle sont fortement liés. On observe, par exemple, que l’usage de l’iPad a lieu dans la soirée, quand les gens reviennent du travail, s’ajoutant au dispositif du prime-time de la télévision et du web. Ils ne sont pas sans effet non plus : deux grandes entreprises médiatiques brésiliennes ont créé des contenus journalistiques présentés comme plus approfondis, comme plus analytiques : “Globo a Mais” e “Estadão Noite”. Kaye & Quinn (2010) estiment d’aileurs qu’en s’appuyant sur l’innovation et en accompagnant les tendances technologiques, il est possible d’améliorer la qualité des contenus, et de répondre ainsi aux attentes des consommateurs.

Au delà du développement des plates-formes, le milieu journalistique a aussi innové en développant des applications natives pour les différents systèmes d’exploitation disponibles. L’application app economy a connu une croissance exponentielle et les sites marchands (iTunes, o Android Market, o WP7 Market Place, OVI Store e BB App) ont généré en 2011 près de 15 milliards de dollars, une valeur vraiment significative dans un marché inexistant il y a peu encore.

Par ailleurs l’arrivée de nouvelles possibilités technologiques (comme la réalité augmentée) ouvre d’autres horizons pour l’évolution du produit journalistique et pour rejoindre des sources de financement alternatives. Comme le dit Zhang (2007), “enabling access to adaptive, personalized, and context-aware information and service is crucial to fully take advantage of the pervasiveness and convenience of mobile devices.”. Mais les entreprises de communication seront-elles attentives aux transformations de l’écosystème médiatique ? Et comment vont-elles prétendre agir dans un marché à fort potentiel économique ?

Nouvelles tendances, développement des applications, nouveaux modèles marchands, nouveaux produits pour les plateformes mobiles, cet ensemble est fondamentalement lié à l’interaction entre les propriétés du dispositif et le savoir-faire journalistique. Comment les dispositifs mobiles reflètent et/ou influencent-ils le savoir-faire journalistique, et les propriétés du produit journalistique ? Actualité, périodicité, universalité et publicité (Groth, 2011) sont-elles transformées dans cet écosystème médiatique ? La périodicité quotidienne sera-t-elle adaptée aux produits pour les tablettes, qui technologiquement sont instantanés, ubiquistes, et dont l’actualisation peut être continue ? D’autre part, les applications géolocalisées ne sont-elles pas inspirées par l’universalité la plus petite possible, mettant, par conséquent, l’accent sur la personnalisation ?

Orientations

Dans ce dossier de la revue, nous souhaitons analyser la façon dont les entreprises médiatiques mettent actuellement à profit ces possibilités de diffusion et de réception mobile et personnelle. Les propositions de textes pourront aborder les différents points suivants :

1) Les langages et les formats

2) L’analyse des nouvelles applications journalistiques

3) Les modèles d’affaires (production, accès, consommation)

4) Les conditions de production convergente des produits journalistiques pour mobiles

5) La relation entre les caractéristiques des dispositifs mobiles et les propriétés du journalisme

6) Les usages et consommations de produits journalistiques avec des dispositifs mobiles.

 

Soumission par mail, textes de 30 à 50 000 signes (tout compris), avant le 1er août 2013.

Merci de faire savoir votre intérêt pour ce dossier, en proposant un résumé de deux pages de votre projet d’article, avant le 1er avril 2013, à : jc@ubi.ptliaseixas@gmail.com

Les articles peuvent être proposés en français, en anglais, en portugais, espagnol.

Evaluation en double aveugle. Les articles proposés doivent faire apparaître un référencement théorique, une méthodologie de recherche, un matériau d’analyse.