Ouvrage sur le quotidien français Le Matin

24 février 2012 par  
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Dominique Pinsolle fait paraître Le Matin. Une presse d’argent et de chantage (1884-1944), aux Presses Universitaires de Rennes, 2012, 354 p.

Le Matin, un des plus importants journaux français de la première moitié du xxe siècle, est à la fois le premier quotidien « à l’américaine » lancé en France (en 1884) et le premier titre à reparaître sous l’Occupation. Ce journal, tiré à plus d’un million et demi d’exemplaires au cours de la Première Guerre mondiale, devait révolutionner la presse française en important les méthodes du journalisme américain. Dès le départ dirigé par un aff airiste sans scrupules, il devint cependant très rapidement une feuille de chantage et un organe corrompu largement discrédité.

Entre campagnes de chantage et coups de bluff , grandes fêtes patriotiques et opérations philanthropiques, Le Matin se distingue de ses concurrents par son caractère outrancier et son arrogance, particulièrement après son rachat en 1903 par le légendaire Maurice Bunau-Varilla, qui dirigea le journal pendant plus de quarante ans. Propriétaire d’un grand quotidien populaire qui connaît son « âge d’or » dans les années 1900-1910, celui qu’on surnomme l’« Empereur du Matin », et dont la vénalité n’a d’égale que la mégalomanie, fait trembler députés, ministres et chefs d’État. Mais, dans l’entre-deux-guerres, l’équilibre qui avait fait le succès et la puissance du Matin est progressivement rompu. Le quotidien vire à l’extrême droite et Bunau-Varilla, plus préoccupé
par ses lubies (dont la production du Synthol) que par la modernisation de son journal, précipite le déclin commercial du titre en le radicalisant. Champion du rapprochement franco-allemand dans les années trente, il met aussitôt son journal au service de l’occupant en 1940, ce qui vaut au Matin, symbole de la « presse pourrie », d’être aussitôt interdit de parution à la Libération, avant de tomber dans un certain oubli.

Ce livre retrace l’histoire de ce monument de la presse française à partir de sources jusque-là inexploitées. Au-delà du cas particulier du Matin, il entend poser la question de la liberté de la presse en régime capitaliste.

(Présentation de l’éditeur).

Pratiques et identités professionnelles dans la presse de célébrités

2 février 2010 par  
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Le séminaire Les figures médiatiques de la représentation (Centre d’Etudes Européennes (Sciences-Po) / Laboratoire Cultures et Sociétés Urbaines (CNRS/Cresppa), 2009-2010) organise un nouveau séminaire le vendredi 19 février 2010, de 10h à 12h, autour de Jamil Dakhlia (Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Université Nancy 2, CREM (Université de Metz)-LCP (CNRS, Paris). Jamil Dakhlia interviendra sur « La fabrique du people : Pratiques et identités professionnelles dans la presse de célébrités« . La discussion sera engagée par Caroline de Montety (Gripic / CELSA)

Taxés de complaisance quand ils offrent une image flatteuse des vedettes, ou accusés d’agressivité malsaine lorsqu’ils exploitent le filon de l’indiscrétion, les professionnels de la presse people voient leur activité systématiquement rabattue sur le registre de la faute journalistique … Sans éluder le problème de l’écart des pratiques people à la loi, à l’opinion commune ou à la doxa journalistique, seront ici examinées, grâce à des entretiens et à des observations in situ, les contraintes structurelles qu’imposent aux rédactions people leur dépendance à l’égard des agences photo, d’une part, et l’ambivalence de leurs liens aux personnalités, d’autre part. Puis seront explorés la « sphère subjective » et les systèmes de justification du journalisme échotier, en montrant comment les personnes interrogées négocient avec l’image négative qui leur est accolée pour donner du sens à leur rôle professionnel.

La séance aura lieu au site Pouchet du CNRS, 59 Rue Pouchet, 75017 Paris (M° Brochant, Guy Moquet, Porte de Clichy)

Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de ce séminaire très actif (sur les transformations du journalisme, ou encore sur les Quality papers). Le blog Figures médiatiques publie d’ailleurs les comptes rendus des séances.

Magazines féminins et sexualité des femmes

12 janvier 2010 par  
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Le séminaire sur La presse magazine: source et objet d’histoire. Regards sur le corps, tiendra sa prochaine séance le 15 janvier 2010 de 15h à 17h30 sur le thème « La sexualité entre les lignes. Magazines féminins et sexualité des femmes« .

Tantôt interprétés comme un acteur la de libération des femmes, tantôt au contraire comme une machine à produire des normes contraignantes, les magazines féminins sont au cœur de débats passionnés. La sexualité féminine est un angle privilégié pour aborder les liens complexe entre la presse féminine et l’évolution des normes de genre. Le séminaire ne tentera pas de trancher le débat libération/assignation, mais d’aborder la sexualité des femmes dans les magazines féminins à travers les producteurs et productrices du discours : qui parle de sexualité ? Ces locuteurs/locutrices ont-elles évolué dans le temps ? Quelle est la place de l’expertise ? De la parole des journalistes ? Des femmes ordinaires ? Notre groupe de travail poursuit autour de ce thème son projet de rencontres entre chercheurs et professionnels de la presse magazine.

Intervenantes:
Bibia Pavard, doctorante au centre d’histoire de Sciences Po : « Militer entre les lignes. Contraception et avortement dans la presse féminine (1955-1975) : l’exemple de Marie Claire ».
Katie Breen, journaliste à Marie Claire puis rédactrice en chef et directrice éditorial de Marie Claire International. Elle a créé en 2005 la société « Coverlines » spécialisée dans le conseil éditorial et la production de contenus. Elle est l’auteure avec Catherine Durand du livre Métro, Boulot, Macho. Enquête sur les insultes sexistes au travail, Paris, Plon, 2002.

Lieu : Centre d’histoire de Sciences Po, 56, rue Jacob 75006 Paris, 1er étage.
Responsables : Claire Blandin, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris 12 Val-de-Marne
blandin(at)univ-paris12.fr / et Jamil Dakhlia.
Avec Bibia Pavard, François Provenzano et Claire Sécail

Le corps des politiques dans la presse magazine

15 octobre 2009 par  
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Le Centre d’histoire de Sciences Po, sous l’impulsion de Claire Blandin, organise une série de séminaires dont le premier aura lieu demain, le 16 octobre de 15 h à 17 h 30 sur le thème:

« Derrière la fonction… » : le corps des politiques dans la presse magazine française

L’extension de la visibilité du personnel politique n’a pas attendu la diffusion de vidéos non autorisées sur Internet pour faire polémique. Dès le début des années 2000, les magazines d’actualités, en particulier, qu’ils soient généralistes ou spécialisés, sont en effet accusés de « peopoliser » l’information politique à coups de photos glamour ou triviales, posées ou volées, au risque que le « corps naturel » des dirigeants y prenne le pas sur le « corps politique ». Depuis, les débats sont constants pour savoir si cette mise en scène fait le jeu de la communication politique ou participe au contraire à la mettre en échec.

Aussi la première séance de notre séminaire sera-t-elle consacrée aux conditions historiques et aux critères – professionnels notamment – de cette vedettisation du corps des hommes et des femmes politiques dans la presse magazine française, afin de mieux en cerner les enjeux contemporains.

Intervenants :

– Jamil Dakhlia, maître de conférences à l’Université Nancy 2, chercheur CREM/LCP (CNRS), auteur de Politique people, Bréal, 2008, « Les photos peopolitiques des années 2000 : la fin d’une exception française ? »

– Pascal Rostain, photoreporter (agence Sphinx), auteur avec Bruno Mouron de Scoop. Les paparazzi livrent leurs secrets, coll. « Histoire Actualités », Flammarion, 2007

– Nathalie Lourau, Rédactrice en Chef ajointe Photo du magazine Point de Vue.

56, rue Jacob 75006 Paris, 1er étage.